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Juillet et août arrivent, escortés de leur cortège de chaleur. Une période délicate à gérer pour le coureur. Entre l'arrêt complet, les sports annexes et l'augmentation de la charge d'entraînement, chacun s'adapte en fonction de ses envies et de ses objectifs. Jean-Jacques Renier, coordonnateur du hors stade à la FFA, distille quelques conseils pratiques à garder dans un coin de la tête.
Athle.com : Le coureur doit-il « couper » impérativement pendant l'été ?
Jean-Jacques Renier : Non… Si une coupure est indispensable, elle peut intervenir à n'importe quel moment de l'année. Elle doit durer une quinzaine de jours. L'idéal, c'est le repos complet. Cependant, pour les irréductibles, on peut conseiller quelques activités annexes : le cyclisme, la natation et la randonnée, des efforts qui se rapprochent de la course à pied. Certains coureurs ont le sentiment de régresser dès qu'ils arrêtent le sport pendant quelques jours. Ce qui est une fausse impression. Donc oui à une coupure, à l'athlète de sentir à quel moment elle s'impose le mieux.
- Mais les conditions d'entraînement plus difficiles de la saison, comme la chaleur, ne doivent-elles pas inciter le coureur à lever le pied ?
- Pas forcément. Les vacances offrent enfin un peu de temps libre après une année de travail. Les journées se rallongent, le corps se relâche et les contraintes de la vie quotidienne disparaissent en partie. Donc c'est une période propice à l'entraînement. Mais attention au piège du surentraînement. Si l'on court deux à trois fois par semaine, il est dangereux de passer brusquement à une séance quotidienne. Le maître mot : la progressivité. Il faut y aller petit à petit dans l'augmentation de l'entraînement.
- Quelles précautions l'athlète doit-il prendre pour aller courir en juillet-août ?
- Il faut bien choisir ses horaires. L'idéal : entre sept et dix heures du matin, à la fraîche. Il fait plus chaud le soir car la chaleur accumulée pendant la journée remonte du sol jusqu'au coureur. Mieux vaut ne pas enfiler ses chaussures en étant à jeun. Cela n'apporte rien au niveau de la performance, sans compter les risques encourus si l'on dépasse les quarante-cinq minutes de course. L'heure du petit déjeuner dépend des caractéristiques de chacun. La digestion est quelque chose de très personnel. Certains peuvent enchaîner dans la foulée repas et footing, d'autres non.
- Et au niveau de l'équipement ?
- On doit gérer principalement un paramètre : l'augmentation de la transpiration. Pour cela, on choisit des matériaux spécialisés comme les tee-shirts qui s'adaptent aux changements thermiques. Sans oublier les traditionnels bandeau, casquette et lunettes de soleil. Attention à ne pas prendre un coup de froid à la fin de l'entraînement. Pour l'éviter, une habitude à prendre : se couvrir tout de suite.
- Bien s'hydrater a également son importance...
- Bien sûr. Première principe : Même pendant l'entraînement, le coureur doit boire. S'il est tout seul, il peut s'équiper d'une banane ou d'une ceinture pour bidons afin de transporter l'eau. Les lieux stratégiques pour l'assoiffé sont la fontaine de la place du village et le cimetière, où l'on trouve toujours un robinet. En cas de déshydratation, il faut s'arrêter et boire à tout prix. Même ceux qui coupent doivent garder à portée de main une bouteille d'eau. Deux à quatre litres d'eau par jour, c'est une bonne moyenne. La règle d'or : ne pas attendre d'avoir soif pour s'hydrater.
- Ceux qui oublient complètement la course à pied pendant quelques jours peuvent-ils se « lâcher » par rapport à l'hygiène de vie ?
-Il faut profiter des vacances pour se faire plaisir, que ce soit pour la nourriture ou la boisson. On mange et on boit un peu plus, pourquoi pas, tout en faisant attention. Et si l'on se retrouve au bord de la mer, autant s'adapter au lieu où l'on est en dégustant des fruits de mer et le poisson local.
Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.com
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